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A écouter ici, la  déclaration du Premier ministre du Mali Moussa Mara  depuis Kidal ce samedi 17 mai 2014 sur l’Office de la Radio Télévision du Mali.

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Photo d'une liseuse

Photo d’une liseuse

Des livres numériques dans les écoles maliennes, toute une arme qui luttera contre l’analphabétisme et qui contribuera à l’amélioration de la qualité de l’éducation dans enfants. La lecture étant une source inépuisable de connaissances, chaque élève a droit d’avoir accès aux livres de lecture pour mieux préparer son avenir. Hors selon l’UNICEF, seulement 0,4 % des enfants auraient des livres chez eux dans notre pays. Human’Esdes, une association à but non lucrative, a lancé le projet « MALeBOOKS »  qui vise à changer cette donnée à travers la distribution des liseuses, livres numériques à des établissements au Mali.

Human’Esdes, à travers son projet de collecte de dons, va dans un premier temps rassembler 30 liseuses qui vont contenir 2500 ebooks libres de droits, Wikipedia, des nouvelles et romans d’auteurs volontaires (français et maliens) seront distribuées à des établissements dans les différentes Régions de notre pays. La formation des bénéficiaires qui va s’en suivre sur place à Bamako par une équipe, permettra aux bénéficiaires d’être mieux outillés pour la bonne exploitation de l’outil. Des études également seront faites sur les usages des contenus afin de mesurer son impact dans l’enseignement.

Ces outils numériques de lecture constitueront des bibliothèques mobiles pour les enfants bénéficiaires. Avec une charge complète qui dure des mois même avec une utilisation quotidienne (j’atteste cela ayant passé l’expérience), les liseuses seront favorables même aux élèves ruraux avec les chargeurs solaires qui les accompagnent.

Pour plus de détails sur cette initiative qui a besoin du soutien de nous tous, veuillez vous rendre sur le site du projet,  la page Facebook,  le compte twitter @eBooksML Cette vidéo réalisée également sur le projet, nous donne plus d’information à ce sujet.
Soutenir ce projet, c’est aider les enfants du Mali à avoir accès à la connaissance et de mieux préparer leur avenir.

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Jour de marché chez les dogons au Mali

Jour de marché chez les dogons au Mali

Avant de me rendre dans les villages dogons, j’ai toujours pensé que la semaine est composée de sept jours partout au Mali et qu’il y a un jour fixe pour le marché de chaque localité rurale comme c’est le cas à Ségou où le jour du marché est fixé chaque  lundi, à chaque mardi à Boussin, à chaque mercredi à Touna, à chaque jeudi à Cinzana-Gare, à chaque vendredi à katiena … L’intervalle compris entre deux jours de marché dans les villages constitue une semaine.

Chez les dogons, la semaine est composée de cinq jours et le cinquième jour de chaque semaine est un jour de marché. Ainsi, si ce mercredi 09 avril 2014 est un jour marché, la nouvelle semaine commence demain jeudi 10 avril 2014 et prend fin le lundi 14 avril 2014 qui sera également un autre jour de marché, donc le dernier jour de la semaine de cinq jours. Comme réponses à ma question de savoir si cela a une signification particulière, plusieurs vieilles personnes chez les dogons m’ont répondu que c’est comme ça chez les dogons depuis toujours et que ça n’a pas de sens particulier.

Transport de marchandises au marché dogon.

Transport de marchandises au marché dogon.

Dans ces marchés d’une semaine de cinq jours qui bat son plein vers 14 heures, les populations des villages environnants se retrouvent. On y trouve presque toutes les marchandises qu’on trouve dans les marchés en ville selon les besoins des populations.  Ces marchandises sont transportées par les commerçants venus des villes. On trouve également dans ces marchés dogons, des produits locaux comme du mil, du riz, de l’oignon, du poisson grillé, des fruits du (dah blanc et rouge), des tiges du tabac (dont la poudre est gardée dans les tabatières par les vieilles personnes aux les villages maliens et consommée petit à petit)… Toutes ces marchandises sont transportées au DSCN6517marché transportées à dos d’âne par les hommes ou par les femmes sur leurs têtes marchant des kilomètres et des kilomètres. Ces braves femmes dogons infatigables et engagées, vendent leurs marchandises pour pouvoir s’approvisionner en condiments pour toute la semaine. Une des particularités dans ces marchés c’est que des fois la vente se fait sous forme d’échanges de produits entre commerçantes selon les besoins de chacune. C’est pour cette raison que nous voyons les femmes venir au marché et retourner à la maison toujours chargées, mais pas avec les mêmes produits. Cet échange de produits entre les marchandes anéantit un peu leurs difficultés financières car même si elles n’ont pas l’argent en espèce pour acheter des choses, ça permet aux uns et autres de pouvoir satisfaire leurs besoins.

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Kamadjan Kouloua à Siby

Kamadjan Kouloua à Siby

Le texte ci-dessous est basé sur la version publiée par Youssouf Tata Cissé dans « La Charte du Mandé et autres traditions du Mali », éditions Albin Michel, 2003. Cette transcription a le grand avantage de n’utiliser aucun caractère phonétique spécial, ce qui rend sa reproduction très facile sur l’ensemble des imprimantes. Le parler utilisé est une forme de malinké (maninka) des textes de griot de la région de Kangaba au Mali.

Gérard Galtier, (responsable d’édition, auteur d’une thèse sur les parlers mandingues) Email : <gerardgaltier@noos.fr>

1.

Les enfants de Sanéné et Kontron déclarent :

Toute vie humaine est une vie.

Il est vrai qu’une vie apparaît à l’existence avant une autre vie,

Mais une vie n’est pas plus « ancienne »,

Plus respectable qu’une autre vie,

De même qu’une vie ne vaut pas mieux

Qu’une autre vie.

 2.

Les enfants de Sanéné et Kontron déclarent :

Toute vie étant une vie,

Tout tort causé à une vie exige réparation.

Par conséquent,

Que nul ne s’en prenne gratuitement à son voisin,

Que nul ne cause du tort à son prochain,

Que nul ne martyrise son semblable.

 3.

Les enfants de Sanéné et Kontron déclarent :

Que chacun veille sur son prochain,

Que chacun vénère ses géniteurs,

Que chacun vénère ses enfants,

Que chacun pourvoie aux besoins

Des membres de sa famille.

 4.

Les enfants de Sanéné et Kontron déclarent :

Que chacun veille sur la terre de ses pères.

Par patrie, pays, ou terre des pères,

Il faut entendre aussi et surtout les hommes :

Car tout pays, toute terre qui verrait les

Hommes disparaître de sa surface

Connaîtrait le déclin et la désolation.

 5.

Les enfants de Sanéné et Kontron déclarent :

La faim n’est pas une bonne chose,

L’esclavage n’est pas non plus une bonne chose ;

Il n’y a pire calamité que ces choses-là,

Dans ce bas monde.

Tant que nous disposerons du carquois et de l’arc,

La famine ne tuera personne dans le Mandé,

Si d’aventure la famine survient.

La guerre ne détruira plus jamais de village

Pour y prélever des esclaves ;

C’est dire que nul ne placera désormais

Le mors dans la bouche de son semblable

Pour aller le vendre ;

Personne ne sera non plus battu au Mandé,

A fortiori mis à mort,

Parce qu’il est fils d’esclave.

 6.

Les enfants de Sanéné et Kontron déclarent :

L’essence de l’esclavage est éteinte ce jour,

« D’un mur à l’autre »,

D’une frontière à l’autre du Mandé ;

Les razzias sont bannies

A compter de ce jour au Mandé ;

Les tourments nés de ces horreurs

Disparaîtront à partir de ce jour au Mandé.

Quelle horreur que la famine !

Un affamé ignore

Toute pudeur, toute retenue.

Quelle souffrance épouvantable

Pour l’esclave et l’affamé,

Surtout lorsqu’ils ne disposent

D’aucun recours.

L’esclave est dépouillé

De sa dignité partout dans le monde.

7.

Les gens d’autrefois nous disent :

« L’homme en tant qu’individu

Fait d’os et de chair

De moelle et de nerfs,

De peau recouverte de poils et de cheveux

Se nourrit d’aliments et de boissons ;

Mais son âme, son esprit vit de trois choses :

Voir ce qu’il a envie de voir,

Dire ce qu’il a envie de dire,

Et faire ce qu’il a envie de faire.

Si une seule de ces choses

Venait à manquer à l’âme,

Elle en souffrirait,

Et s’étiolerait sûrement. »

En conséquence, les enfants

De Sanéné et Kontron déclarent :

Chacun dispose désormais de sa personne,

Chacun est libre de ses actes,

Dans le respect des « interdits »,

Par la loi de sa patrie.

 

Tel est le Serment du Mandé

A l’adresse des oreilles du monde tout entier.

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