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DSCN0130Ce vendredi 24 juin 2013, une séance d’installation et de démonstration d’Afripédia a eu lieu à la Station de Recherche Agronomique dans la commune rurale de Cinzana-Gare.

Pour démontrer que l’encyclopédie numérique Afripédia, Wikipédia sans connexion est  utilisable partout, même dans les localités très éloignées des villes, j’ai décidé d’aller l’expérimenter dans ce grand centre de recherche dans le domaine de l’agriculture situé totalement dans la forêt à 5 km de Cinzana-Gare et à 280 km de Bamako.

Après l’installation d’Afripédia sur son ordinateur portable personnel, Bakary Youba Coulibaly, ingénieur agronome en service dans ce centre il y a plusieurs années, a procédé à des recherches sur des sujets comme haricot, niébé, mil… Suite aux résultats obtenus, il s’exprime en ces termes :

« Avant cette installation, nous utilisions Wikipédia pour des recherche. N’ayant pas de connexion Internet à la maison, nous sommes toujours obligés d’attendre d’arriver au bureau pour continuer avec nos recherches. Mais avec cette version hors ligne appelée Afripédia, nous avons toujours Wikipédia avec nous partout et à tout moment. Cet outils nous aide beaucoup dans nos activités recherche. Etre agronome, surtout évoluant dans le domaine de la recherche, c’est être entre bureau, les champs, et le laboratoire. C’est être dans les villages en contact avec les paysans. Partout avec cet outil, c’est comme nous sommes toujours dans le bureau parce qu’il suffit d’avoir son ordinateur chargé avec soi, pour avoir accès au contenu de Wikipédia même si tu n’a pas de connexion Internet. »

Il décide de contribuer au contenu  africain de Wikipédia dans le domaine de l’agriculture. Pour cela, un compte Wikipédia lui sera bientôt créer.

Afripédia continue son chemin au Mali.

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photo

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Les jeunes du village en groupe dans un champ de fonio

Cette année, la famine a atteint plusieurs localités du Mali. Plus le temps passait, plus les sacs de céréales devenaient chers, très chers mêmes car il y a eu des vieilles personnes qui ont témoigné qu’ils n’ont jamais achetés le sac de mil à 25500 F CFA. Les populations rurales ont beaucoup souffert parce qu’ils n’ont pas le moyen d’acheter le sac de mil à 25500 F CFA pour nourrir leurs familles. C’est très dur ! Beaucoup de chansons bambaras de Ségou nous apprennent qu’on ne doit pas se suicider à cause de la souffrance sinon, on ne vivra pas le bonheur qui va s’en suivre. Ce fut le cas par les populations rurales. Ils se sont débrouillés à joindre les deux bouts jusqu’en ce moment où, en un tour de bras, le maïs et le fonio, les grands guerriers en période de soudure au village, viennent de déraciner et refouler la famine hors des villages comme un chien ragé que personne n’aime chez soi!

Fonio

Cette année au village, le temps hivernal suit son cours traditionnel normal. En général, nous pouvons dire que la pluviométrie est toujours bonne même si elle a provoqué des inondations dans beaucoup de localités. Tous les champs sont presque agréables à regarder. Les travaux champêtres sont finis. Les braves paysans, après trois mois de dur labeur ont déposé les houes sous les greniers, se sont reposés quelques jours et ont pris les faucilles pour la moisson du fonio et les machettes pour couper les tiges de maïs.

champ de maîs

J’ai assisté moi-même à la moisson d’un champ de fonio du village le samedi passé quand j’étais allé passer le week-end avec les parents. J’ai également visité des champs de maïs dont les propriétaires étaient en train de récolter. Ils étaient tous de très bons champs. Cette visite des champs au village m’a donné de la joie et de très grand espoir. J’ai compris que c’est presque la fin de la grande famine que nous avons vécue tout au long de l’année et bientôt las récolte des champs de mil et la moisson du riz vont suivre. Aujourd’hui, le fonio et le maïs constituent les aliments de base aux villages avant les grandes récoltes. Le haricot devait aider le fonio et maïs dans cette lutte contre la famine en période de soudure au village mais, à cause de l’abondance des pluies sans arrêt, le haricot a bien poussé, mais n’a pas eu la chaleur nécessaire pour le moment pour faire des fruits. Cela peut nous laisser imaginer qu’il y aura moins de haricot sur le marché cette année.
Je suis comblé de joie et d’espoir après ce voyage au village et souhaite qu’il continue à pleuvoir convenablement pour le Mali retrouve son autosuffisance alimentaire.

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Lassana, fils de wa Kamissoko, explique l’histoire de son père aux élèves ruraux sur Internet

Le Mali regorge d’hommes célèbres dans le domaine de la culture. Chacun d’entre eux possède des grandes notions dans un domaine ou un autre. Beaucoup sont connus grâce à l’enseignement de leur histoire à l’école ou par leurs louanges faits par des griots conservateurs de la mémoire collective. Beaucoup restent encore inconnus des jeunes générations.

Internet mobile dans les classes rurales, le blogging au village, les médias citoyens  sont des moyens de faire découvrir aux jeunes générations,  la culture de leur pays. C’est ainsi que les élèves ruraux de 8 villages ont eu la chance d’apprendre beaucoup sur  l’histoire de Wa Kamissoko,  décrit comme tel dans Wikipedia : “Issu d’une communauté de griots traditionalistes chargés de perpétuer la mémoire de la Bataille de Kirina et de l’Empire du Mali qui y fut fondé, il avait acquis une profonde connaissance de la tradition orale mandingue.” Si wa kamissoko, un des grands connaisseurs de la tradition mandingue/malienne, est beaucoup connu des anciennes générations, les jeunes générations pourraient encore ignorer son histoire. “C’est notre première fois d’entendre parler de lui et d’écouter son histoire”, ont dit certains élèves lors de la tournée.

@fasokan commentant les images culturelles maliennes en ligne

Ces élèves ont eu la chance, grâce à Internet, de bien regarder l’image projetée de  la tombe de ce grand homme malien et d’écouter oralement son histoire avec son fils, Lassana Kamissoko qui était également fier d’avoir l’occasion d’évoquer les hauts faits de son père devant des élèves localités par localités.

“Cette tournée d’Internet mobile dans les classes à donné une chance à nos élèves de découvrir leur pays sur place, de voir des choses comme l’image du Fort de Médine à Kayes (sur le blog de la Direction Nationale du Patrimoine Culturel du Mali),  qu’ils n’auraient pas pu voir maintenant parce qu’ils sont très loin de là-bas”, a dit un enseignant à la fin du cours d’Internet.

La continuité des activités culturelles  du projet Niger-Loire de l’UNESCO pourrait permettre à beaucoup d’hommes de culture malienne cachés dans les villages reculés comme dans ces images,  d’être découverts et connus par les jeunes générations si le système de médias citoyens se développait dans nos localités rurales.

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