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Dans les villages, qu’une fille tombe enceinte est très mal apprécié ! C’est très humiliant non seulement pour la fille elle-même, mais également pour toute sa famille. C’est pourquoi, dès qu’une fille attend un bébé, elle commence par avoir de grands soucis et tente toujours de cacher cette grossesse, même si elle sait que tôt ou tard, les gens la découvriront. Au moment où personne ne pense d’ailleurs à cela, les coqs, ennemis ou jaloux de la fille enceinte (je ne sais pas), dévoilent le secret soir !

Que signifie le chant d’un coq pendant le crépuscule ?

Habituellement, les poules se couchent très tôt le soir et ne chantent qu’au l’aube le lendemain matin. Sur ce plan, les coqs constituent d’ailleurs un repère pour ceux qui doivent se lever tôt le matin pour leurs besoins. Mais dès qu’un coq chante pendant le crépuscule dans une famille, les vieilles personnes, assises disent : « Houn » en signe d’inquiétude et de peur parce que le coq vient d’annoncer qu’une fille est enceinte dans les parages. Du coup, les enquêtes commencent en douce par les vieilles personnes pour savoir de quelle fille il peut s’agir. Toute la journée le lendemain, dans la totale discrétion, les vieilles personnes mettent en pratique leurs systèmes traditionnels d’analyses et finissent par connaître avant la fin de la journée, la fille concernée par l’annonce du coq. C’est connu, alors la maman de la fille devient inquiète, car son enfant vient de commettre une grosse erreur. Alors, une grand-mère se charge de questionner la fille enceinte avec des techniques propres à elles et la fille finit par avouer, mais la plupart d’entre elles ne trouvent pas le courage de dire directement le nom de l’auteur qui sera tôt ou tard connu…

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Les jeunes garçons en visite chez leurs fiancée pendant la fête de tabaski

Les jeunes garçons en visite chez leurs fiancée pendant la fête de tabaski

Dans les villages maliens, il est de coutume que les jeunes garçons aillent rendre visite aux parents de leurs fiancées pendant la fête de tabaski.

Le lendemain de la fête de tabaski est une journée mouvementée dans les villages. Les jeunes garçons se font accompagner par leurs amis pour aller saluer les parents de leurs fiancées. Si plusieurs d’entre les amis qui composent le groupe sont fiancés, le groupe se rend village après village chez les parents de chaque fiancée. S’il se trouve qu’ils ne pourront pas faire le tour de tous les villages le même jour, ils forment plusieurs groupes et chaque groupe fait des villages. Généralement, les fiançailles sont faites dans le même village ou dans les villages voisins. Que le garçon soit dans le même village que sa fiancée ou que la fiancée soit dans un autre village, ce sont les mêmes pratiques. On assiste alors aux arrivées et aux départs de groupes de jeunes garçons pour rendre visite à leurs beaux parents. Des coups de fusils traditionnels qu’ils tirent sans bals au milieu du village annoncent leurs arrivées et leurs départs. Chaque groupe se dirige vers sa famille hôte et se fait accompagner par le démarcheur, un membre de cette famille, chez la fiancée où se trouvent déjà regroupés, les chefs de famille du village ou du quartier.

En ce moment, on n’entend que des « bienvenues » et des « au-revoir » entre les jeunes garçons et les femmes (les mères et des tantes des fiancées) regroupés généralement sous un arbre prêt de la cuisine. Quand on voit ces femmes murmurer à l’arrivée des jeunes, sans doute, c’est que celles qui le connaissent sont en train de montrer en cachette, le fiancé lui-même parmi les jeunes garçons, tous généralement habillés en boubou en signe de respect, aux autres femmes qui ne le connaissent pas encore. Après le groupe de femmes, les jeunes garçons arrivent au niveau des hommes, les chefs de famille assis sur les nattes à l’attente de leurs gendres. Une salutation sans fin s’engage entre les deux groupes d’hommes avec des mots de gentillesse et de considération dans tous les domaines. Ce qui est drôle dans tout cela, c’est que ceux qui viennent d’autres villages et ceux dont les fiancées se trouvent dans le même village qu’eux sont salués de la même façon : «comment allez-vous ? Comment vont vos pères, vos mères, vos frères, vos sœurs, vos voisins, tous habitants de votre village ? Comment se trouve la pluviométrie chez vous ? Les beaux parents, comme en signe de considération ajoutent: « Vous devez être fatigués hein à cause de la distance et le mauvais état de la route! » Habitués, les jeunes savent répondre à tout cela.

Après les salutations, les jeunes et leur compagnon, le démarcheur, prennent place sur des nattes étalées pour l’occasion à côté des vieux sous un arbre ou un hangar. Le démarcheur annonce le but de l’arrivée des jeunes et ils procèdent à se faire des bénédictions et se demandent pardon à cause de cette journée de tabaski. Tout cela se passe en chœur entre les jeunes et les vieux qui parlent presque tous ensemble. Après ce moment de socialisation, le démarcheur remet aux vieux, les 22 grosses noix de cola et un billet de 500 ou de 1000 Francs CFA. Les deux noix de cola sont remises au démarcheur lui-même (cela est de coutume également) et les 20 sont partagées entre les beaux parents. Les 500 ou 1000 Francs CFA sont remis à une des femmes de la famille pour les remettre à la fiancée pour ses frais de tresse. A noter ici que c’est juste un geste symbolique (pour ceux qui vont penser que 500 ou 1000 fracs sont trop peu pour se tresser). A noter également que toute cette pratique est coutumière, sinon, effectivement, 500 ou 1000 Francs CFA suffisait pour une fille de se faire tresser au village. Généralement, avec les anciens modèles de tresse, les femmes ne paient pas. Elles savent toutes tresser et se le font mutuellement.

Toutes ces étapes passées, des taquineries commencent entre certains vieux et le fiancé de la fille si le mariage est parental. Il se trouve des fois que le fiancé soit un petit-fils d’un des vieux sur place. Quand les différentes taquineries finissent, le démarcheur demande la route pour quitter avec ses étrangers. Du matin au soir du lendemain de la fête de tabaski, les jeunes garçons font tout pour faire le tour des villages où ils doivent se rendre. Ils ne peuvent pas attendre le troisième jour de la fête parce qu’aller saluer tes gendres le troisième jour de la fête, c’est comme tu ne leur accordes pas assez d’importance.

Bonne fête à toutes et à tous.

 

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Grenier, la mauvaise pluviométrie est en train de faire de sorte que les jeunes du village commencent petit à petit à ne plus prendre soin de toi comme à l’époque de nos arrières grands-parents et de nos parents.

De nos jours, il y a plusieurs années, il ne pleut pas beaucoup, il pleut moins, beaucoup moins même. Et ainsi, les jeunes, bras valides du village, lassés de raser la tête sèche de la terre, perdent de plus en plus le courage et la persévérance qui sont les seules armes de vaincre et de réussir dans les épreuves difficiles. Courbés et souillant toute la journée sur les dabas qui causent avec la terre sèche, ils espèrent à chaque pas en avant, pouvoir te remplir, pouvoir donner joie la famille par ton contenu, pouvoir garder la cohésion et la solidarité familiale à la fin de la récole ! Mais hélas!  La bonne pluviométrie n’étant pas au rendez avec leur espoir, le désespoir gagne le cœur de ces vaillants soldats du village. Ainsi, les villageois commencent à ne plus prendre soin de toi comme il et commencent à explorer d’autres voies : la ville, oui l’exode rural, l’aventure… Pensant pouvoir travailler en ville et assurer par l’achat des sacs de céréales le rôle que tu devais jouer au sein de la famille, ils t’abandonnent petit à petit !

Ce qui est encore important, c’est qu’en plus d’être la source de la cohésion, de la solidarité, de l’union et de l’espoir familial qui est ton nom en bambara « DIGIGNE », tu joues un rôle identitaire pour nous, nous les villageois qui avons longtemps coexisté avec toi avant de nous retrouver dans un lieu ou ils est rare de voir pareil que toi ! Toutes tes composantes sont aussi nos voisins au village : banco, branches d’arbres, paille, pierre !

En ville, il y a des belles maisons ventilées ou munies d’air conditionné, d’électricité et bien peintes ! Il y a également de très belles voitures bref, tout ce qu’on voit en ville est beau, plus joli que toi, mais c’est en travers toi, grenier, que nous nous retrouvons, que nous nous reconnaissons, que nous nous souvenons d’où nous venons, pourquoi on est en ville et cela doit nous pousser à ceindre les reins, à travailler plus et d’avantage car on se dit du coup que nous sommes là en ville pour travailler dur et gagner dans la dignité pour retourner partager ce gain avec ceux que nous avons laissés derrière nous : les parents ! Oui, ces pères, ces mères, ces frères, ces sœurs, ces cousins qui ont tous travaillé et contribué à notre réussite ! Pour cela, tu es une étiquette, une étiquette de notre originalité, de notre indenté !

Mais grenier, sache qu’à chaque fois que je te vois dans un autre village, j’ai le remord de ne plus voir, à chaque jour voir les poules et les poussins tourner au tour de toi au moment ou pères te sort du mil pour le donner aux mères pour en faire le repas du jour, que je vois plus les chèvres se reposer à ton ombre quand le soleil jaillit ses rayons sur la terre à midi ! C’est pourquoi, à chaque fois que j’ai un petit temps libre, je cours retourner au village me ressourcer, oui voir les parents et te voir également !

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Les jeunes du village en groupe dans un champ de fonio

Cette année, la famine a atteint plusieurs localités du Mali. Plus le temps passait, plus les sacs de céréales devenaient chers, très chers mêmes car il y a eu des vieilles personnes qui ont témoigné qu’ils n’ont jamais achetés le sac de mil à 25500 F CFA. Les populations rurales ont beaucoup souffert parce qu’ils n’ont pas le moyen d’acheter le sac de mil à 25500 F CFA pour nourrir leurs familles. C’est très dur ! Beaucoup de chansons bambaras de Ségou nous apprennent qu’on ne doit pas se suicider à cause de la souffrance sinon, on ne vivra pas le bonheur qui va s’en suivre. Ce fut le cas par les populations rurales. Ils se sont débrouillés à joindre les deux bouts jusqu’en ce moment où, en un tour de bras, le maïs et le fonio, les grands guerriers en période de soudure au village, viennent de déraciner et refouler la famine hors des villages comme un chien ragé que personne n’aime chez soi!

Fonio

Cette année au village, le temps hivernal suit son cours traditionnel normal. En général, nous pouvons dire que la pluviométrie est toujours bonne même si elle a provoqué des inondations dans beaucoup de localités. Tous les champs sont presque agréables à regarder. Les travaux champêtres sont finis. Les braves paysans, après trois mois de dur labeur ont déposé les houes sous les greniers, se sont reposés quelques jours et ont pris les faucilles pour la moisson du fonio et les machettes pour couper les tiges de maïs.

champ de maîs

J’ai assisté moi-même à la moisson d’un champ de fonio du village le samedi passé quand j’étais allé passer le week-end avec les parents. J’ai également visité des champs de maïs dont les propriétaires étaient en train de récolter. Ils étaient tous de très bons champs. Cette visite des champs au village m’a donné de la joie et de très grand espoir. J’ai compris que c’est presque la fin de la grande famine que nous avons vécue tout au long de l’année et bientôt las récolte des champs de mil et la moisson du riz vont suivre. Aujourd’hui, le fonio et le maïs constituent les aliments de base aux villages avant les grandes récoltes. Le haricot devait aider le fonio et maïs dans cette lutte contre la famine en période de soudure au village mais, à cause de l’abondance des pluies sans arrêt, le haricot a bien poussé, mais n’a pas eu la chaleur nécessaire pour le moment pour faire des fruits. Cela peut nous laisser imaginer qu’il y aura moins de haricot sur le marché cette année.
Je suis comblé de joie et d’espoir après ce voyage au village et souhaite qu’il continue à pleuvoir convenablement pour le Mali retrouve son autosuffisance alimentaire.

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