DSCF5295

Grenier, la mauvaise pluviométrie est en train de faire de sorte que les jeunes du village commencent petit à petit à ne plus prendre soin de toi comme à l’époque de nos arrières grands-parents et de nos parents.

De nos jours, il y a plusieurs années, il ne pleut pas beaucoup, il pleut moins, beaucoup moins même. Et ainsi, les jeunes, bras valides du village, lassés de raser la tête sèche de la terre, perdent de plus en plus le courage et la persévérance qui sont les seules armes de vaincre et de réussir dans les épreuves difficiles. Courbés et souillant toute la journée sur les dabas qui causent avec la terre sèche, ils espèrent à chaque pas en avant, pouvoir te remplir, pouvoir donner joie la famille par ton contenu, pouvoir garder la cohésion et la solidarité familiale à la fin de la récole ! Mais hélas!  La bonne pluviométrie n’étant pas au rendez avec leur espoir, le désespoir gagne le cœur de ces vaillants soldats du village. Ainsi, les villageois commencent à ne plus prendre soin de toi comme il et commencent à explorer d’autres voies : la ville, oui l’exode rural, l’aventure… Pensant pouvoir travailler en ville et assurer par l’achat des sacs de céréales le rôle que tu devais jouer au sein de la famille, ils t’abandonnent petit à petit !

Ce qui est encore important, c’est qu’en plus d’être la source de la cohésion, de la solidarité, de l’union et de l’espoir familial qui est ton nom en bambara « DIGIGNE », tu joues un rôle identitaire pour nous, nous les villageois qui avons longtemps coexisté avec toi avant de nous retrouver dans un lieu ou ils est rare de voir pareil que toi ! Toutes tes composantes sont aussi nos voisins au village : banco, branches d’arbres, paille, pierre !

En ville, il y a des belles maisons ventilées ou munies d’air conditionné, d’électricité et bien peintes ! Il y a également de très belles voitures bref, tout ce qu’on voit en ville est beau, plus joli que toi, mais c’est en travers toi, grenier, que nous nous retrouvons, que nous nous reconnaissons, que nous nous souvenons d’où nous venons, pourquoi on est en ville et cela doit nous pousser à ceindre les reins, à travailler plus et d’avantage car on se dit du coup que nous sommes là en ville pour travailler dur et gagner dans la dignité pour retourner partager ce gain avec ceux que nous avons laissés derrière nous : les parents ! Oui, ces pères, ces mères, ces frères, ces sœurs, ces cousins qui ont tous travaillé et contribué à notre réussite ! Pour cela, tu es une étiquette, une étiquette de notre originalité, de notre indenté !

Mais grenier, sache qu’à chaque fois que je te vois dans un autre village, j’ai le remord de ne plus voir, à chaque jour voir les poules et les poussins tourner au tour de toi au moment ou pères te sort du mil pour le donner aux mères pour en faire le repas du jour, que je vois plus les chèvres se reposer à ton ombre quand le soleil jaillit ses rayons sur la terre à midi ! C’est pourquoi, à chaque fois que j’ai un petit temps libre, je cours retourner au village me ressourcer, oui voir les parents et te voir également !

Tagged with:
 
Une grande haie contenant du fumier au village

Une grande haie contenant du fumier au village

Le petit élevage n’est pas pratiqué par les populations rurales par simple plaisir comme certains qui ont le moyen le pratiquent en ville. Comme signalé dans un billet précédent, il est comme une petite banque, c’est une caisse d’épargne pour les habitants du village, mais également un moyen d’obtenir du fumier pour leurs champs.

Au village, plus on a des têtes, plus on a beaucoup de fumiers pour les champs, plus on s’attend à de bonnes récoles s’il pleut normalement. C’est pour quoi, dans beaucoup de familles, on voit des animaux gardés dans une haie à un coin de la cours familiale. Ces animaux peuvent appartenir à différentes personnes de la famille, mais les résidus ramassés sont versés dans le champ commun et cela pour avoir une grande quantité de céréales pour remplir le grenier commun, facteur d’union et de cohésion familiale au village. Déposer des tiges et des pailles sèches dans la haie sert à alimenter les animaux, mais aussi à avoir beaucoup de fumiers pour les champs à l’approche de l’hivernage. Ces tiges, ces pailles et la bouse piétinées et mélangées par les animaux constituent de très bons fumiers.

Cela occasionne d’ailleurs un partenariat entre certains peuls éleveurs et leurs amis paysans: (donnant-donnant).

Les peuls donnent du fumier en prenant place dans les champs de leurs amis paysans, les paysans autorisent les éleveurs à faire brouter à leurs animaux et à les faire boire au puits collectif du village tout au long du séjour, c’est-à-dire la période entre la fin de la récolte et l’approche de la prochaine saison des pluies.

Comment tout cela se passe ?

Une haie pour garder les animaux derrière le village

Une haie pour garder les animaux derrière le village

Il y a certains hameaux de peuls où l’eau et l’aliment bétails font défaut. Ces peuls ont besoins de se déplacer dans d’autres localités où ils peuvent suffisamment avoir de l’eau et de l’aliment pour leurs bétails. Ils rejoignent ainsi des villages et sont accueillis par leurs amis paysans car ces derniers ont aussi besoins des résidus et de la bouse d’animaux comme fumiers pour leurs champs. C’est ainsi que chaque année, à la fin des récoltes, on voit des peuls se déplacer dans d’autres villages avec leurs animaux. Ils y passent toute la saison chaude et retournent dans leurs villages à l’approche de la saison des pluies. Les paysans, après leur départ, ramassent les résidus contenus dans la haie et les vers dans les différentes parties non productives de leurs parcelles.

C’est un très bon partenariat éleveurs-payants, mais des fois, ça tourne mal à cause du mauvais calcul du temps. Les villages pour lesquelles ces éleveurs se dirigent, peuvent avoir fini, mais des villages en cours de route n’ont peut-être pas totalement fini avec la récole. Les animaux de passage dans ces villages ravageaient des champs et cela provoquait des tensions entre éleveurs et paysans. Mais grâce au téléphone portable, cette opposition entre peuls et paysans a beaucoup diminué. Avant de se déplacer avec les animaux, les peuls appellent d’abord dans leurs villages où ils veulent partir pour savoir s’ils peuvent passer avec les animaux et quelles sont les meilleures pistes pour ne pas entrer dans les champs.

Ces fumiers versés dans les champs avec une bonne pluviométrie, donnait de la joie de vivre au village sans famine. A cela, on ajoute maintenant de l’engrais industriel. N’y a-t-il pas de conséquences ? On en parlera ! Je ne suis pas spécialiste, mais….

 

 

 
Le village de Guelekoro au Mali

Le village de Guelekoro au Mali

Comme signalé dans mon précédent billet sur ce sujet, l’idée d’installer Afripédia sur des machines dans les écoles est une très grande aide pédagogique pour les enseignants et les élèves. L’installation continue dans les écoles et des formations à l’utilisation d’Afripédia sont en cours de préparation pour vingt enseignants de deux écoles à Bamako (nous souhaitons que ça réussisse), dont dix enseignants dans chacune des deux écoles qui à leur tour, formeront leurs collègues.

Un enseignant du village expérimentant Afripédia avec @fasokan

Un enseignant du village expérimentant Afripédia avec @fasokan

D’ici la réussite de cette formation, j’ai voulu davantage  me rendre compte de l’avis d’un enseignant rural et de la manière dont Afripédia pourra l’aider dans les activités pédagogiques à la maison et en classe. C’est dans ce sens que de passage à Guelekoro, un village de la commune rurale de Ouelessebougou, j’ai passé quelques heures avec cet enseignant et son Directeur dans sa classe.  Il n’avait jamais touché le clavier, mais après mes explication sur comment taper sur un ordinateur et comment faire une recherche dans la barre de recherche sur Afripédia, voici la première recherche Monsieur l’enseignant : le squelette humain. Il a été

Résultat de la recherche sur le squelette humain sur Afripédia dans un village.

Résultat de la recherche sur le squelette humain sur Afripédia dans un village.

impressionné par la clarté des images et les détails donnés sur ses images qui correspondent à sa leçon : « Cet outil, si nous l’avons à notre disposition, c’est une très grande aide pour nous. Il nous facilitera aidera beaucoup dans nos activités pédagogiques et surtout les recherches pour la préparation des fiches pédagogiques sans lesquelles, l’enseignant ne peut jamais faire un bon travail. » Il ajoute : « L’outil pourrait mieux m’aider à faire ce dessin et à avoir plus d’idée pour dispenser ma leçon sur le vélo dont vous voyez le dessins au tableau. Oui, j’ai dessiné, j’ai

Le vélo dessiné par l’enseignant pour dispenser son cours

Le vélo dessiné par l’enseignant pour dispenser son cours

bien fait la leçon, mais, il n’y a jamais trop de documents pour un enseignant soucieux de donner de bons produits. Cet outil ajouté aux livres que nous avons ici, nos soucis de documentation sont terminés ! Il est comme une bibliothèque, surtout pour nous les enseignants de la brousse qui n’ont pas facilement accès à la documentation comme les enseignants de la ville. Si ce n’est pas le manque d’ordinateur ici chez nous, je dirais que cet outil nous est spécifiquement destiné. »

Arrêté à côté  de nous, moins bavard mais très intéressé,  le Directeur de l’école confirment les propos de l’enseignant, et ajoute qu’il n’y a vraiment pas de doute sur le fait que Afripédia doit être le compagnon de l’éducation.

Ce que je regrette, c’est que l’outil ne pouvait pas rester avec eux parce que c’est sur mon ordinateur que nous travaillions.  Il n’y avait pas d’électricité, mais l’autonomie de la batterie nous a permis de faire cette démonstration. Désormais, je souhaite que ce village ait son propre ordinateur doté d’Afripédia.

 

 
Un vélo garé avec un tas de foin. Le propriétaire se repose.

Un vélo garé avec un tas de foin. Le propriétaire se repose.

Les jeunes ruraux, à la recherche de meilleures conditions de vie, quittent les villages pour  les villes après les récoltes.  Ils y passent quelques mois avant de retourner dans les champs au village  à l’approche de l’hivernage. A leurs arrivées  en villes, les jeunes ruraux ne pensent qu’à une seule chose : travailler dure et avoir de l’argent pour retourner au village au temps opportun pour aller travailler dans les champs. Voici un exemple d’activité pratiquée par un de ces jeunes.

Beaucoup de familles aisées font petit élevage à Bamako. Pour cela, elles ont besoin de l’aliment bétail traditionnel comme le foin en plus des aliments bétails industriels qu’elles achètent pour leurs animaux. Pour cela, des jeunes ruraux en ville ont pour activité d’aller ramasser du foin dans la forêt très loin de Bamako et revenir le vendre aux éleveurs. Pour cela, ils parcourent des dizaines de kilomètres en vélo entre Bamako et les villages où ils partent ramasser le foin dans la forêt. Les voir à leur retour, on voit très bien que c’est un travail pénible : parcourir plusieurs dizaines de kilomètres à vélo avec une très grosse charge sur de très mauvaises pistes, des fois en remontant des collines, ce n’est pas chose aisée ! Mais, les jeunes ruraux ne voient pas cette fatigue car ils sont animés d’une seule pensée: travailler et gagner à la sueur de leurs fronts.

Arriver à Bamako avec ce grand tas de foin, il en fait des petits tas et tout est rapidement acheté par les éleveurs en Bamako. Des fois, la demande est supérieure à l’offre. Même si ce sont des petites monnaies qu’il ramasse, le jeune rural économise son argent et retourne satisfait au village à la fin de la saison.

Tagged with: