
Les arrosoirs traditionnels au village.
Le temps change, tout devient petit à petit moderne même dans les localités rurales. Au cours de ce changement, nous constatons la disparition de beaucoup de matériels traditionnels dans nos villages, mais le voyage à travers le pays permet de renouer contact et de rompre la nostalgie avec ces matériels toujours conservés comme outils de travail appropriés dans certaines localités.

Elle arose son jardin avec l’arrosoir traditionnel
Les femmes pratiquent beaucoup le maraîchage dans les villages pour subvenir à leurs besoins quotidiens. Dans ces activités de maraîchage, L’arrosoir traditionnel, fait de “calebasse à sphère complète, muni d’un trou en haut et par lequel on prend de l’eau et arrose les planchers”, a laissé place à l’arrosoir moderne dans beaucoup de villages.
Dans beaucoup de localités rurales, on ne rencontre plus ces arrosoirs en calebasse, mais par surprise au cours de mon voyage dans les villages riverains du Fleuve Niger, je viens de
Le chameau, un antidote contre la rougeole
La rougeole était très fréquente dans notre pays, mais de nos jours, elle a presque disparu. Malgré sa rareté entre nos murs, les populations, se rappelant toujours de cet adage, «mieux vaut prévenir que guérir», pratiquent les méthodes traditionnelles préventives contre cette maladie. Selon les traditions, chaque enfant qui monte sur un chameau ne sera jamais atteint de rougeole et la pratique de cette méthode préventive contre la rougeole est très fréquente au Mali.
Chaque année, en cette période de chaleur, nous voyons les propriétaires de chameau se promener dans nos villes et nos villages. Ils vont de rue en rue et de porte en porte. Les parents font monter leurs enfants sur ces chameaux afin qu’ils ne soient jamais atteints de rougeole tout au long de leur vie. Les propriétaires de chameaux reçoivent des parents, des céréales, des monnaies, des anciens habits ou anciennes chaussures.
La cola, fruit importé au Mali, est très précieuse dans notre société. Elle est beaucoup considérée dans les évènement socioculturels de notre société.
Au village, après avoir donné à manger et à boire à un étranger ou une étrangère, la cola lui est directement tendue pour bien accueillir qu’il soit en séjour ou de passage. Ainsi, la cola est le premier cadeau attribué à un étranger qui arrive. C’est pour cela d’ailleurs qu’à tout moment, on retrouve une provision en noix de cola, dans le sable mouillé, sous le canari des vieilles femmes au village. C’est pour elles-mêmes et leurs maris et les étrangers en séjour ou de passage.
Le premier cadeau apprécié à sa juste valeur qu’un étranger puisse attribuer à un vieux, à une vielle, à un chef de famille ou au chef de village, ce sont les noix de cola. On peut bien sûr faire d’autres cadeaux, n’importe lequel que tu veux, mais, associer ces cadeaux à quelques dix noix de cola est encore plus significative chez dans notre société.
La cola met également fin aux conflits entre deux personnes, deux communautés. La coexistence est quelques fois couronnée de disputes, de mal compréhensions et de conflits. Pour baisser la tension ou d’ailleurs mettre
fin à certains problèmes sociaux chez nous, il suffit qu’une partie se présente avec de la cola à son adversaire pour reconnaitre son tort et demander pardon, que la tension baisse ou que le conflit prenne fin.
Pour qu’un jeune, en cas d’erreur ou de faute grave, se fasse excuser auprès d’une personne d’âge supérieur, il se présent avec quelques noix de cola et reconnait sa faute et il est facilement pardonné.
Ce ne sont point des valeurs sociétales anciennes, elles existent à présent surtout dans les communautés rurales.
Les dix noix de cola plus un coq pouvait rendre propriétaire de terre habitable ou cultivable au village. Quand on avait besoin d’un terrain au village pour habiter ou cultiver, il suffisait de se présenter au chef de village et de ses conseiller pour être satisfait. (l’argent, la clé de toute les affaires est venue barrer la route à cela, même si elle se pratique à présent dans certaines localités entre les habitants du même village.)
Les dix noix de cola font réunir les sages du village pour livrer la main d’une fille en mariage. Quand on veut demander une fille en mariage, on envoie auprès des parents de la fille, un griot démarcheur avec dix noix de cola. Et, de ce jour jusqu’au jour du mariage de cette fille, quand les sages du village doivent se réunir ce sujet, le griot démarcheur se présent avec des noix de cola et avec des quantités différentes selon l’évolution de la situation.
Aller avec ses amis saluer les parents de sa fiancée, est une coutume au village. On se présente également à ces beaux parents ce jour, avec des noix de cola.
La cola est généralement présente dans presque tous les évènements socioculturels dans notre société.
Quelques fois nous sommes fautifs, nous les parents
La baisse de niveau et le non respect à l’école entre les élèves et les enseignants deviennent de plus en plus un problème crucial.
Chacun l’interprète en sa manière. Beaucoup de parents et d’élèves font des commentaires à leur faveur, mais la vision de Souleymane, un jeune parent d’élèves à Bamoussobougou s’auto- accuse.
Souleymane :
« Aujourd’hui, j’ai peur, j’ai beaucoup peur pour l’avenir de nos enfants… Tout le monde n’a pas la chance d’aller à l’école à présent. A notre génération, nous qui avons eu la chance d’aller à l’école et qui n’avons pas réussi, nous le regrettons beaucoup. Aujourd’hui, beaucoup d’enfants ont la chance d’être inscrits à l’école. C’est une chance pour eux, mais ils ne le savent pas parce qu’ils n’exploitent pas cette chance.
Chacun interprète les problèmes de l’école en sa manière, mais moi je situe une grande responsabilité au niveau des parents. Nous aimons beaucoup nos enfants, ils sont surprotégés. Nous avons laissé toute l’éducation des enfants entre les mains des enseignants à l’école. A la maison, on ne s’occupe bien de ce domaine. Ici en famille, ils font avec nous tout ce qu’ils veulent. Comment voulez-vous qu’ils aient peur des enseignants à l’école. Et puis, nous envoyons les enfants à l’école, on ne les suit pas. Durant toute l’année, rare sont des parents qui font un ou deux tours à l’école pour se rendre compte du comportement de son enfant ou sa manière de travailler. Certains enfants d’ailleurs profitent de ça pour rester en cour de chemin. Ils quittent à la maison, ils n’arrivent pas à l’école et à la fin de l’année, ils ne passent pas et ils viennent nous mentir sur les enseignants.
Le plus grave dans tout cela, c’est que certains parents croient à tout ce que leur enfant dit sur son enseignant alors qu’il est conscient que du début à la fin de l’année, il n’a jamais contrôlé le cahier de son enfant ni contrôlé ses moyennes. Ce n’est pas à la fin de l’année qu’il faut se présenter à l’école parce que c’est trop tard. Les parents doivent aider les enseignants dans leur tâche éducative en accomplissant ce que la famille doit faire, en surveillant l’enfant à la maison et à l’école, en contrôlant son travail, son comportement et autres.
Mais bon, nous aimons tellement nos enfants que nous préférons maintenant leur échec à leur réussite parce que laisser l’enfant à lui-même à l’école sans le contrôler, c’est de ne pas être surpris quand il échoue! Je dis cela parce que, au cours de l’année, avec le nombre de fois qu’on les voit avec un cahier pour apprendre, on sait bien que cela n’est pas suffisant pour qu’un élève passe à la classe supérieure ou à un examen et pourtant, on ferme les yeux, on ne dit rien.
La situation m’inquiète beaucoup aujourd’hui surtout dans les localités rurales ici où certains enfants scolarisés se croient déjà citadins et refuse tout ! »

Allez-y plus vite.
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