Quand j’étais très jeune au village dans la Région de Ségou, j’ai toujours collaboré avec des peuls saisonniers chez nous. J’utilise le mot saisonnier parce que je me rappelle bien (c’est encore en train de continuer après moi au village), ils viennent pendant la saison sèche après les récoltes et où il n’y a plus d’eau dans les marres et les rivières. Je les rencontrai également dans beaucoup d’autres villages. Arrivés, ils logent dans les familles du village construisent leurs petites cases hors des villages, faire de grandes haies où ils font entrer les animaux la nuit, fixent les piquets auxquels ils attachent les petits animaux la nuit. La journée, ils conduisent les animaux au pâturage, reviennent les abreuver à midi aux grands puits logés derrière le village, repartent en brousse avec les animaux et reviennent le petit soir. Ils vivent en communauté avec les populations du milieu.

Je n’ai jamais pensé demander d’où ils viennent parce que, éduqué avec l’idée que l’homme est toujours chez soi partout où il se trouve, pour moi, ce n’était pas nécessaire de poser cette question. Mais, malgré mon jeune âge, je me disais qu’ils viennent des localités où leurs animaux ont fini de brouté toutes les herbes et bu toutes les eaux et qu’ils viennent à la recherche d’aliments bétails et d’eaux pour leurs bétails.

Mon voyage à Gao m’a permis de voir que je ne me suis pas trompé sur cette dernière hypothèse : le déplacement des peuls pour la recherche d’aliments bétails et de l’eau pour leurs animaux. Quand nous avons dépassé Mopti, plus nous continuions vers Gao, plus je découvrais une faune très pauvre en herbes et en grands arbres. Lors de ce voyage, j’ai rencontré des groupes d’animaux de types différents : chameaux, bœufs, chèvres, moutons.

Les uns se suivaient en fil marchant dans une forêt dépourvue d’herbes se dirigeant vers quelque part où ils espéraient probablement avoir quelque chose à brouter et certains regroupés sous un arbre en train de ruminer ce que leurs ventre contenaient probablement depuis hier.

Certains se contentaient de brouter les toutes petites herbes qu’on confond avec la terre quelques fois.

Du coup, je me suis souvenu du séjour des peuls dans mon village et j’ai réalisé comme vraies, les hypothèses que j’ai évoquées et je me suis dis que la grande raison du nomadisme, même si je l’ai apprises à l’école, serait la recherche d’une vie meilleure pour les animaux.

 

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Boukary Konaté
Je suis Boukary Konaté de Bamako au Mali.

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