Des initiatives de développement en milieu rural

Lors de tous mes voyages dans les villages maliens, je ne finis pas de sensibiliser les jeunes par rapport au manque de gestion du temps. Quand on considère les douze mois de l’année, nous voyons en réalité que les jeunes ruraux qui ne partent pas en exode ne travaillent pleinement que pendant trois, quatre ou cinq mois au maximum. Ces mois d’activités concernent les travaux champêtres,  de la semence à la récolte. Après cette période, il n’est pas rare de voir partout, sous les hangars, dans les vestibules, à l’ombre des grands arbres dans certains villages, les jeunes regroupés autour du thé pour causer et de débattre les grands sujets du monde. Trois, quatre ou cinq mois de perte sur 12 mois dans l’année, c’est trop et ça contribue au sous-développement du continent!

« Nous n’avons rien sans peine », c’est ce que nous devons toujours nous mettre en tête et c’est ce que ces jeunes de Tièmogowèrè, un village de la commune de Cinzana-Gare ont compris et ont choisi l’embouche comme leur activité principale.  Ces jeunes ne se sont pas mis en tête que les animaux appartiennent exclusivement aux peuls. Ils ont pensé améliorer leurs conditions de vie au village par l’élevage et le commerce d’animaux. Il s’agit d’acheter des bœufs maigres à moindre frais, les nourrir avec de la paille ramassée dans la forêt, du son de mil, du sel et des grains de coton qu’ils achètent. Au bout de quelques mois, ces animaux maigres deviennent très gros et gras. Voici une activité qui rapporte beaucoup d’argent à ces jeunes qui préfèrent d’ailleurs cette activité à l’exode rural ou à l’aventure.

C’est également le cas de Bakary Youba Coulibaly qui, en plus de sa fonction administrative, achète les petits moutons, les nourrit et les vendre quand ils deviennent gros et gras.  Aujourd’hui, comme vous pouvez voir dans les images, Bakary Youba a des têtes de mouton dans sa famille qui, bientôt, vont lui rapporter beaucoup d’argent.

Il ne s’est pas arrêté là, il s’est dit qu’avec le puits dans la famille, une petite parcelle dans un coin de la famille, il peut diminuer la dépense familiale en condiments journaliers par la mise en place d’un petit jardin, un petit jardin dont le fruit (choux, salade, tomate, piment, et autres) sert de condiments en famille, mais également de verdure qui adoucit le cœur ! L’entretien de ces animaux et de ce jardin concerne tous les membres de la famille de Monsieur Coulibaly. Lui-même, sa femme et ses grands enfants, tous  s’occupent bien de cette initiative d’aide à la famille.

Les initiatives de ce genre peuvent être sources d’inspiration pour beaucoup de jeunes pour lutter contre la pauvreté au village.

 

 


 

 

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Boukary Konaté
Je suis Boukary Konaté de Bamako au Mali.

2 thoughts on “Des initiatives de développement en milieu rural

  1. Je vous écris à propos des Prix Africains de Diageo pour le journalisme d’affaires.

    J’ai lu votre blog et je me demandais si vous seriez intéressé à le soumettre à la remise des prix cette année?

    Si vous n’avez pas entendu parler des prix auparavant, ils fonctionnent depuis huit ans et visent à récompenser les journalistes et les éditeurs qui fournissent une couverture de haute qualité sur l’environnement des affaires en Afrique.

    L’inscription est gratuite et vous pouvez le faire en allant à http://www.diageoafricabusinessreportingawards.com. On vous encourage à présenter tout autre travail qui pourrait convenir.

    N’hésitez pas à me contacter avec vos questions.

    Alex

  2. je suis journaliste environnementaliste a la radio communautaire du noun (departemment de l ouest Cameroun) jai lu avec beaucoup d intérêt votre approche sur la gestion du temps en milieu rurale, je travaille actuellement sur( l habitat et mieux etre ) j aimerai partager ces expériences

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